mardi 28 décembre 2010

Le long des murs de la base

Après s'être dérouillé les jambes, notre robot arpente assidument le coin. Des routes aux bords sablonneux, des landes, des marais, des forêts de pins, le lac, et ces interminables murs de béton, ou ces grillages ornés de fils de fer barbelés, rendant impénétrable une zone qui semblait immense: La base.

Que font les robots de leurs temps libres?

Comment savoir exactement ce qu'il fiche à cet instant précis? Dans une telle situation, le plus probable est qu'il ait la faculté d'entrer en contact avec un arbre, même plusieurs années après sa mort. Et quand bien même, que peut-il bien avoir à lui dire? Rien, certainement. Il est bien plus plausible qu'il recherche simplement un réconfort. Pas une consolation, un simple réconfort, sans arrière pensée, un réconfort comme seul un arbre peut en apporter. Il suffit d'apposer ses mains sur son écorce, le masser doucement comme pour entrer en lui, lentement, ne pas s'arrêter, ne plus penser au temps, et lorsqu'il se suspend, plus rien de mauvais ne semble pouvoir arriver. Comment ce jeune robot connait un truc pareil? Prrrt...

mardi 9 novembre 2010

L'observatoire

C'est la partie visible du complexe sous terrain à partir duquel les militaires suivent leurs exercices de tirs. Elle se dresse à deux pas du lac. Cette construction peut servir de modèle, de base pour concevoir toutes les constructions militaires du projet. Lignes simples, formes épurées, sans aucun élément superflu.

Groupe de rock et film d'animation

Première approche en dessin pour les Fleshtones avant d'envisager des études pour fabriquer des marionnettes. Comment garder leur caractère, leur état d'esprit? Il faut les transformer pour arriver à l'idée la plus proche de ce qu'ils sont. On peut comparer cette image à la photo de Grant Delin publiée il y a quelques mois. Il reste du pain sur la planche, mais il semble que la direction soit la bonne est présent. Il faut bien se frotter à la représentation d'êtres humains, sans se cacher derrière des carapaces métalliques. À suivre donc...

mardi 25 mai 2010

Joie et inquiétude à la base

À quelques kilomètres de là, au cœur du centre d'essais aéronautiques, les opérateurs perçoivent enfin les signaux tant attendus depuis quinze ans. Ils semblent perplexes, car ils devaient normalement enregistrer les codes programmés par la section scientifique en 1976, et là, comment dire, les signaux semblent composer une sorte de mélodie, c'est... du rock'n'roll. Bon, il va quand même falloir enregistrer tout ça, tenter de le décrypter, et établir un rapport. Parallèlement, il faut au plus tôt organiser une sortie pour récupérer le "projet-OxO". La semaine va être chargée.

mardi 18 mai 2010

Il veut savoir pourquoi


Finalement ça donne à peu près ça. Oh! Le son n'est pas si propre, loin de là. La bande pleure un peu, l'enceinte intégrée à sa bouche grésille pas mal, et surtout, on l'entend d'assez loin. Mais le fait d'être en présence d'une véritable énergie ne fait aucun doute, cela semble même régénérer quelques peu ce robot naissant. Il se redresse et se met en route.

vendredi 14 mai 2010

La révélation magnétique

Il reste assis un long moment, comme fatigué par tant d'efforts. Son corps est recouvert d'alios, ce mélange de sable et de métal, couleur rouille et brun. Il finit par se frotter le ventre, en fait tomber le sable et découvre, niché au creux de son abdomen, une cassette audio encastrée dans un lecteur. Il dégage la cassette, et sur la face qui se trouvait à l'intérieur du lecteur, il lit un nom écrit au stylo: The Fleshtones. Il la replace sur la platine, il appuie sur "lecture".

Quinze ans plus tard

C'est l'instant où le robot naît. Le taux de métal aggloméré par électrolyse est arrivé au seuil requit pour former une carapace performante. Il est assez résistant pour protéger l'organisme qu'il abrite, et assez fin pour lui permettre de se mouvoir sans trop de contraintes. Comme pour un ours après des mois d'hibernation, le réveil est un peu dur. Méthodiquement, sans s'arrêter, le robot creuse la terre au dessus de lui. À la surface, le sol commence à bouger, à se soulever doucement, et petit à petit, on distingue des parties de son corps. C'est rouillé. Par endroits, c'est du sable, à d'autres, la brillance du métal est déjà là.

jeudi 13 mai 2010

Science et vie

À force de traîner dans les bois, de fouiner trop près de la zone militaire, il n'est pas impossible d'imaginer de tomber sur une équipe du service Recherche du Centre d'Essais en Vol. Après, que cette équipe soit missionnée pour trouver un sujet idéal pour de nouvelles expériences, c'est pas de bol. Mais on a pas tous les jours de la chance, c'est normal ça. Pour finir, se faire emballer prestement dans un grand sac de toile, être convoyé illico jusqu'au labo, ça va presque de soi. Le reste appartient à la science: une batterie longue durée qui doit garder le corps sous tension, bien vérifier l'adhérence des électrodes, greffe au niveau de l'abdomen d'un lecteur de bandes magnétiques pour que le futur robot soit conforme aux missions amphibies prévues par le Programme. Il ne reste plus qu'à enterrer le sujet dans un sol à haute teneur en métal, attendre quelques années que l'électrolyse agisse, et on devrait obtenir un robot dont la finesse des articulations permettront d'intervenir dans les situations les plus délicates. Enfin, normalement.

mercredi 12 mai 2010

La recette

Comment fabriquer un bon robot? Avec de bons ingrédients pardi! Et là, nous avons un très bon ingrédient: un garçon. Un garçon normal, sans histoires. Il va à l'école, il ne fait rien, il marche, il mange. Un garçon. Comme tout ingrédient de base, il n'est pas grand chose, mais sa mise en présence avec d'autres éléments va faire de lui un être très particulier. Il faut le mélanger à la silice, à l'humidité, à l'électricité, au rock'n'roll, et laisser le tout mijoter longtemps, très longtemps... Des années pour être plus précis. Normalement, au bout de ce processus, on doit aboutir à un robot en bonne et due forme. Après, le soucis, c'est qu'en fait, on en sait pas grand chose, on n'a jamais essayé. C'est un soucis, c'est sûr.